On en entend parfois parler dans les médias : un panneau solaire aurait pris feu, provoqué un sinistre, ou endommagé un toit. Cela suscite des inquiétudes légitimes, surtout chez ceux qui envisagent d’investir dans le photovoltaïque. Est-ce fréquent ? Quels sont les vrais risques ? Et surtout, comment les prévenir ? Voici une synthèse claire et sans détour.
Quels sont les vrais facteurs de risque ?
Plusieurs éléments peuvent entraîner un échauffement anormal, voire un départ de feu. Voici les causes les plus fréquentes identifiées sur le terrain :
- Des connecteurs MC4 mal fabriqués, mal sertis ou mal clipsés : cela peut créer un arc électrique invisible mais dangereux.
- Des câbles endommagés ou mal posés, exposés à des frottements ou à des morsures animales.
- Des défauts d’isolement, souvent sur des installations anciennes ou bricolées.
À noter : la pose en surimposition (sur tuiles) favorise généralement une meilleure ventilation que l’intégration au bâti, mais cela n’impacte pas directement le risque d’incendie.
Dans la majorité des cas, il s’agit d’erreurs humaines ou de choix techniques douteux lors de l’installation.
Des incendies rares, mais qui existent
En France, les données disponibles restent limitées, mais les chiffres issus de retours d’expérience européens convergent : les incendies liés à des installations photovoltaïques sont rares. On estime qu’environ 1 installation sur 10 000 présente un risque réel d’incendie. Pour comparaison, c’est bien moins que les incidents causés par des appareils électroménagers défectueux.
Quand il y a un départ de feu, il touche le plus souvent les composants électriques, notamment les boîtiers de raccordement, les câbles ou les onduleurs. Les panneaux eux-mêmes, en verre et aluminium, ne brûlent pas facilement. Le problème, ce sont les défauts de montage ou les connexions mal réalisées.
Installation professionnelle : la clé de la sécurité
La plupart des incendies surviennent sur des installations réalisées sans qualification, ou en dehors du cadre réglementaire. Un installateur qualifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) doit respecter la norme NFC 15-100 et ses annexes, qui régissent les installations photovoltaïques en basse tension. Cela inclut :
- Des protections différentielles adaptées.
- Un câblage en courants continus rigoureusement organisé.
- Des tests de fonctionnement et d’isolement à la mise en service.
Les professionnels formés utilisent aussi des connecteurs certifiés, issus du même fabricant, et évitent les mélanges douteux. En cas de doute sur une ancienne installation, une vérification complète est recommandée.
L’entretien, souvent négligé, joue un rôle majeur
Contrairement à ce que l’on pense, un panneau solaire ne s’entretient pas uniquement pour optimiser sa production. Il en va aussi de sa sécurité.
Voici les points à surveiller régulièrement :
- Vérification des connecteurs, qui peuvent se desserrer avec le temps ou les variations de température.
- Inspection visuelle des câbles, pour détecter toute usure ou attaque de rongeurs.
- Contrôle de l’onduleur, notamment en période estivale où il peut surchauffer.
- Nettoyage doux, sans haute pression, pour ne pas endommager les joints ou les connecteurs.
Un contrôle visuel annuel est conseillé, même sur une installation récente. Tous les 5 ans, un audit plus approfondi peut être judicieux, surtout si l’installation dépasse les 3 kWc.
Une maintenance préventive vaut mieux qu’une intervention en urgence
Un petit défaut peut rester invisible pendant des mois, puis créer un court-circuit en pleine canicule. La chaleur favorise l’échauffement des points de contact défectueux. L’arc électrique, même invisible, peut déclencher un feu lent à la base de la toiture.Certains installateurs proposent aujourd’hui des contrats de maintenance préventive. C’est un surcoût, mais il permet de dormir tranquille. D’autres intègrent des dispositifs de coupure automatique (type interrupteur sectionneur DC) en cas de détection de surtension ou d’arc.
Comment réagir en cas de suspicion ?
Odeur de plastique chauffé ? Onduleur qui clignote anormalement ? Une chaleur excessive sous les panneaux ? Il ne faut pas attendre.
- Couper immédiatement l’installation via l’interrupteur DC (souvent dans le coffret électrique).
- Contacter un électricien qualifié, idéalement celui qui a installé le système.
- Si le feu est visible ou que de la fumée se dégage, évacuer et appeler les pompiers. Ne pas tenter d’arroser les panneaux : le courant continu peut être dangereux même hors tension.
Un rapport d’expertise pourra ensuite déterminer si un défaut technique est en cause, ce qui engage parfois la garantie décennale du poseur.
Questions fréquentes
Est-ce que les batteries solaires présentent plus de risques ?
Oui, mais ce sont des risques différents. Les batteries lithium-ion mal ventilées ou mal régulées peuvent surchauffer. Une installation de batterie nécessite donc une attention encore plus rigoureuse sur la ventilation, les capteurs de température, et la régulation de charge.
Une assurance habitation couvre-t-elle les incendies photovoltaïques ?
En principe, oui, à condition que l’installation soit déclarée à l’assureur et installée par un professionnel reconnu. Le sinistre est alors traité comme tout incendie d’origine électrique. En cas de doute, relire son contrat reste la meilleure solution.
Quelle fréquence pour les vérifications ?
Un contrôle visuel annuel, un audit technique tous les 5 ans, et une vérification immédiate après tout événement climatique extrême (grêle, canicule, vent fort). Mieux vaut prévenir que réparer.



